Chaussures de Luxe
Chaussures de Luxe

L'actualité des chaussures de luxe et des bottiers de prestige


Errare humanum est… par David Not


Lequel d’entre nous peut-il se vanter de ne s’être jamais trompé chez son chausseur ? Afin d’éviter une déception, le premier principe est déjà de ne plus accepter de souffrir dans des souliers. Un achat réussi doit concilier chaussant et esthétique. Vous nourrirez toujours une certaine rancune envers une paire inconfortable, et personne n’en sortira gagnant. Certaines Maisons ont encore beaucoup de progrès à faire en termes de confort, mais in fine, c’est à nous qu’il appartient de prendre la bonne décision. Nous sommes face à un produit, un objet, donc à nous de déterminer s’il est fait pour nous… ou pas.


Errare humanum est… par David Not
Le marché propose aujourd’hui une telle variété de modèles que l’on peut facilement trouver la paire ad hoc.

Mais paradoxalement, trop de choix peut aussi induire en erreur. Il faut dire que le « conseiller de vente » qui vous reçoit n’est pas toujours à la hauteur. Comme avec son médecin, on s’en remet au professionnel, et on n’a peut-être pas toujours raison de le faire, car les abus existent.

Méfiez-vous donc de ce jeune loup qui, armé d’un chausse-pied dans la poche, vous a repéré lorsque vous avez poussé la porte. Si vous ne vous montrez pas vigilant, le pire peut arriver.

Combien de fois avons-nous quitté une boutique avec cette affreuse interrogation : « Suis-je bien certain que je porterai ces Spectator shoes noires et blanches ? », « Ces mocassins sont superbes, mais pourquoi me coupent-ils la circulation sanguine ? ». Ils mettront plus d’un an à se faire, et finiront dans un placard. Or rien n’est plus navrant que des chaussures inutilisées. Emmener votre épouse peut être une solution. Elle tiendra tête au vendeur et l’empêchera de vous refiler deux paires quasi identiques, deux ceintures, un portefeuille et ce superbe parapluie en série limitée à 25.000 exemplaires.

Mais nos travers ne s’arrêtent pas au choix d’une paire. Il faut aussi en respecter le raffinement et la beauté par des soins réguliers, et là encore, nous ne répondons pas tous présents.

Les plus beaux souliers ne ressembleront à rien sans un minimum d’égards. Si vous n’avez pas le temps de les cirer, passez au moins un chiffon pour en ôter la poussière ! Des godillots crados, des lacets vrillés et une languette en goguette donneront l’image d’un personnage à l’hygiène approximative.

A l’inverse, des souliers glacés « miroir » seront remarqués des amateurs -même s’ils peuvent être l’œuvre d’un psychopathe notoire. Rappelons que si tous les souliers étaient bien glacés, le monde irait mieux. Si, si. Les hommes porteraient tous des chapeaux et des gants et on roulerait en fiacre.

Quant à nos notions de cordonnerie, elles laissent également parfois à désirer. Les fers aux talons produisent des claquements audibles à cent mètres et les vibrations engendrées sont dévastatrices pour la colonne vertébrale.

En revanche, l’absence d’un fer encastré à l’avant provoque une usure accélérée de la couture de semelle et pourra dans les pires cas évoquer Charlie Chaplin dans La ruée vers l’or, où il était si mal chaussé qu’il préférait manger ses pompes. Regrettable également, la pose bâclée d’un patin gomme au supermarché du coin. Préférez si possible que la Maison qui vous chausse assure aussi l’entretien de vos souliers. Enfin, s’il est acceptable de retirer ses belles chaussures lorsqu’on prend le volant afin de ne pas les abîmer, veillez à rester discret afin que l’on ne vous surprenne pas en costume-cravate chaussé de Nike Air-Max.

En définitive, notre manière de nous chausser est révélatrice de notre façon de vivre. La passion qui nous anime peut être dévorante car il s’agit souvent de sommes conséquentes. Quant à savoir s’il est bien ou mal d’acheter tel ou tel modèle et de négliger ses chaussures, tout dépend de l’angle d’analyse.

Le puriste, que la passion pousse à bichonner ses chers souliers, fustigera vos errements ; le vendeur, préférant vous revoir plus souvent qu’une fois tous les dix ans, tirera profit de vos hésitations. Il y a probablement un juste milieu, et pour garder l’esprit tranquille, le mieux est de choisir une paire qui vous ressemble. Tout simplement.

Jean philippe Tarot | publié le Samedi 23 Avril 2011 | Lu 1851 fois


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