Chaussures de Luxe
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L'actualité des chaussures de luxe et des bottiers de prestige


J.M. Weston et la Garde Républicaine


Pour certains, c'est une légende. Pour d’autres, une certitude. Alors qu’en est-il exactement ? Le fabricant de chaussures J.M. Weston est-il oui ou non fournisseur officiel de la Garde Républicaine française ? Est-il vrai que la manufacture limougeaude réalise les bottes des cavaliers ? La réponse est sans appel. Oui, Weston équipe ces soldats. Du sous-officier au Général commandant de la Garde !


Copyright Michel Labelle
37 ans. Cela fait 37 ans que J.M. Weston équipe la Garde Républicaine. Tout soldat qui intègre cette prestigieuse unité reçoit deux paires faites sur-mesure.

Le savoir-faire bottier de la maison J.M. Weston s’illustre ainsi autant dans les bottes d’équitation que dans les bottines d’infanterie et de cavalerie : du sous-officier ou de « l’homme du rang » au Général commandant la Garde).

Rappelons que la tenue d’apparat d’un cavalier de la Garde Républicaine se compose : d’un casque à crinière, une tunique noire, une culotte blanche, un ceinturon à banderole en buffle blanc, un sabre, une paire de gants blancs et bien sûr, d’une paire de bottes noires éperonnées.

Confectionnées sur-mesure (hauteur de jambe, jarret, mollet, mi-mollet, cheville et grande entrée du cavalier ; sept cotes en plus de la pointure) « les bottes de la Garde répondent aux valeurs de tradition et de qualité intrinsèques aux chaussures J.M. Weston » assure le fabricant de Limoges dans un communiqué. D’ailleurs, dans la Garde Républicaine, ces bottes sont désignées comme étant des… Limoges !

De la coupe au bichonnage, elles suivent un parcours artisanal de huit semaines dans les ateliers de la manufacture de Limoges, soit environ deux cents prises en main au gré des techniques exercées des maître-bottiers, entièrement dédiées à la qualité, et dont voici les principales étapes :
- découpe manuelle du box cavalier noir au chasse-peau : veau issu de la tannerie du Puy (fournisseur des plus grands maroquiniers de luxe dans le monde dont J.M. Weston détient une participation).
- cambrage manuel du cuir sur forme en bois afin que le cuir conserve définitivement le galbe de la botte.
- parage (affinage) et teinture des tranches de l’ensemble des pièces du dessus de la botte.
- piqûre de la tige avec sa doublure naturelle en veau.
- pose du taquet d’éperon (couture main).
- découpe du cuir à semelle*.
- cousu Goodyear « traditionnel » sur mur gravuré : piqûre de la tige avec la première de montage et insertion de la trépointe.
- pose du liège et du cambrion.
- mise en humeur du cuir à semelle.
- ouverture d’une gravure dans la semelle.
- couture petits-points dans la gravure (la semelle d’usure et la tige sont cousues ensemble).
- fermeture de la gravure.
- fraisage et verrage de la lisse (profil de la semelle).
- teinture de la lisse.
- pose du talon (clouté) et verrage.
- trempage du haut de la botte et mise sur embauchoirs en bois pour mettre la botte en volume.
- séchage de la botte sur embauchoirs afin de préserver les volumes et les mesures du Garde après séchage.
- ponçage et teinture de la semelle.
- bichonnage (cirage, brossage…).

Ces bottes doivent être obligatoirement portées pour tous les travaux dits « en arme ». A pied ou à cheval. Les paires sont renouvelées tous les cinq ans. Il est donc indispensable de les entretenir dans les règles de l’art ! Mais interdiction de les vernir. D’ailleurs, généralement, toutes les nouvelles recrues ont droit à un petit rappel à l’ordre.

*Le cuir à semelle (semelle d’usure et première de montage) : la tannerie J.M. Weston (héritée du 18èmesiècle, située à St Léonard de Noblat) perpétue le traditionnel tannage végétal extra-lent qui requiert un an de travail. Les étapes les plus emblématiques de ce parcours unique sont la mise en fosses (creusées à même le sol) des peaux pendant neuf mois pour assurer la prise des tannins, le battage manuel pour renforcer la résistance du cuir et l’utilisation de tannins entièrement naturels (écorce de châtaignier et de quebracho) dans la basserie.

Jean philippe Tarot | publié le Jeudi 20 Décembre 2012 | Lu 5166 fois


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