Chaussures de Luxe
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Jimmy Choo et Christian Louboutin… Où sont les hommes ? Chronique de David Not


En règle générale, les marques de chaussures pour hommes n’excellent pas du tout dans les modèles féminins. A contrario, certaines Maisons fabriquant des chaussures femme parviennent à adapter leurs lignes au masculin et à offrir des produits intéressants. Nous nous sommes penchés sur les marques Jimmy Choo et Christian Louboutin pour analyser si cette constatation se vérifie. Verdict.


Rolleboy Spikes de Christian Louboutin
Le premier propose une gamme très complète allant de 250 à –tout de même- 795 euros. Le concept est d’aligner pas moins de quatorze familles de modèles et de les décliner en de nombreuses versions.

En entrée de gamme, on trouve pour 250 euros des sneakers tout à fait banals ressemblant fortement aux Vans (qui eux ne coutent qu’environ 80 euros). Il y a également des car-shoes plutôt jolies dénommées Eaton. Jolies mais ne sortant absolument pas de l’ordinaire. Des Tod’s seront moins chères et bien plus emblématiques. On note aussi un richelieu informe baptisé Draycott, des derbies, des mocassins, des chukkas… En réalité, beaucoup de modèles, mais curieusement, assez peu exubérants.

Ce qui semble être le modèle phare de Jimmy Choo homme est le Albert Sleeper, un style de pantoufle d’intérieur à semelle fine soudée créé à l’origine par les Anglais type Church’s, Green, etc… Chez Choo, on en trouve dix variantes. Motifs cachemire, léopard, Union Jack, dalmatien… C’est très particulier mais cela a le mérite de l’originalité, sur une base de forme assez élégante. Mais de là à les porter dans la rue sans problème, ce n’est pas gagné. Un simple coup d’œil à l’ensemble de ces modèles sur le site de la marque vous le confirmera.

Chez Louboutin, la collection Homme est plus modeste avec onze modèles, dont certains en commun avec Jimmy Choo. Il en est ainsi de l’Albert Sleeper, que l’on retrouve ici décliné en plusieurs variantes également, comme un motif écossais (porté par Louboutin lui-même), léopard ou carrément alu avec pointes. Les pseudo-Vans ou même Converse hautes sont aussi au programme, mais il faudra composer avec les incontournables pointes également. Enfin, une sandalette très « Village people » et une espadrille à pampille pas laide, évoquant – de loin -Hermès, une fois n’étant pas coutume.

Point positif, si l’on peut dire, les Louboutin Men s’affichent à partir de 120 euros la paire, jusqu’à environ 600 euros. Soit moins que leurs équivalents Femme ou que Jimmy Choo, ce qui montre que le positionnement des deux labels n’est pas exactement le même, l’américain se voulant raffiné et le français « fashion ».

En définitive, ce qui frappe chez les deux créateurs c’est un niveau d’inspiration assez pauvre voire une certaine facilité par rapport à la créativité de leurs collections féminines. Ici, on s’inspire beaucoup des autres en se contentant de réinterpréter des modèles connus ailleurs, et pour certains ringards, tels les Converse. Avec pour différenciation principale des couleurs, matières ou motifs plus ou moins exubérants. Reste qu’on a du mal à imaginer le profil du client et l’on se dit que finalement, ce que les créateurs de chaussures femme font de mieux, ce sont les chaussures femme.

Article publié avec l'aimable autorisation du magazine Monsieur n°94

Jean philippe Tarot | publié le Lundi 4 Juin 2012 | Lu 2511 fois


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