Chaussures de Luxe
Chaussures de Luxe

L'actualité des chaussures de luxe et des bottiers de prestige


Le plaisir, si je veux ! Chronique de David Not


J’ai unilatéralement pris une excellente résolution pour 2013 : je vais encore me faire davantage plaisir qu’en 2012 ! C’est l’éternel problème avec le beau : on y goûte, on s’habitue, on peut plus redescendre en gamme, et l’on a même tendance à viser de plus en plus haut. Mais où cela s’arrêtera-t-il ? Car essayer, c’est adopter…


Le plaisir, si je veux ! Chronique de David Not
Le problème c’est que tous ces goûts de luxe fièrement revendiqués ont pour conséquence principale – et récurrente – l’incompréhension de ma femme, qui, allez savoir pourquoi, préfèrerait une semaine au Club Med à une paire de John Lobb Bespoke. C’est désolant.
 
Une semaine au Club Med, c’est magnifique, mais ça dure une semaine. Des Lobb Mesure, c’est pour la vie. Sans parler des effets collatéraux. Par exemple, je souffre rapidement de cales aux mains si le volant de la voiture que je conduis n’est pas en cuir. Je ne supporte pas le Diesel, je ne jure que par l’essence, en 6 ou 8 cylindres de préférence. Question de bruit…
 
Autre drame, je ne tolère plus les jus de fruits en bouteille. Que du pressé. J’exige du cachemire pour mes bonnets et écharpes, sinon, je suis désolé, mais j’irrite. Je ne peux plus décemment voyager en seconde classe dans le TGV. Les sièges sont trop exigus et leur matière use mes pantalons.
 
D’autres exemples ? Je me suis fait faire une chemise en grande mesure par la Maison Courtot. Mais attention, à l’ancienne, avec le mètre et la boule à épingles en velours au poignet du vendeur ! Non seulement cela éclipse totalement toute éventualité de revenir vers le prêt-à-porter ultérieurement, mais même le « sur-mesure électronique » (JLR, Swann & Oscar, Figaret, Saint-Sens…), pourtant de bon niveau, ne soutient guère la comparaison. Dans le même ordre d’idées, j’ai quitté froidement Calvin Klein pour Zimmerli. Quel changement pour mon intimité !
 
Mises à part toutes ces considérations, qui peuvent paraîtres élitistes voire snob je le concède, il y a tout de même deux raisons très sérieuses à tous ces choix : d’une part mon attachement viscéral à la notion de qualité, qui hélas n’est plus une valeur montante de nos jours.
 
Les produits vers lesquels je me tourne sont fabriqués avec patience et savoir-faire par des artisans de plus de dix-huit ans, décemment rémunérés et qui ont encore la flamme pour leur métier. Plus que des grands discours, acquérir ces produits est le moyen absolu de faire vivre ces traditions. On attend beaucoup du vrai luxe, et celui-ci nous le rend bien. La qualité est une notion factuelle, mesurable. Mais ce que je revendique surtout c’est l’idée de plaisir à laquelle nous avons tous droit comme antidote radical à la morosité. C’est d’ailleurs l’essentiel de mon programme pour les cinquante ans à venir.
 
Et ce n’est pas vous qui me désavouerez. Après tout, c’est parce que vous êtes à la fois épicurien et exigeant que vous fréquentez Chaussure-de-Luxe…

Jean philippe Tarot | publié le Mardi 9 Avril 2013 | Lu 1579 fois


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