Chaussures de Luxe
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Roger Vivier : des prototypes d’exception vendus aux enchères le 30 novembre prochain à Neuilly-sur-Seine


Des prototypes d’exception (uniquement des pieds gauches en pointures 36/37) du bottier français Roger Vivier provenant de sa collection personnelle seront dispersés aux enchères le 30 novembre 2011, à Neuilly-sur-Seine, par la maison de ventes Aguttes. En tout, 400 modèles uniques, dessins et archives du célèbre créateur. Quand la chaussure devient objet d'art...


Photo de l’exposition « Les Souliers de Roger Vivier » Paris, Musée des arts de la mode - Copyright Roland Beaufre
Le prototype d’un soulier, c’est l’original, le premier exemplaire d’un modèle avant sa fabrication en série.

Il importe de rappeler cette définition au moment où la maison Aguttes organise la vente aux enchères le 30 novembre prochain, d’un ensemble unique de ces prototypes réalisés par Roger Vivier.

Ces exemplaires s’annoncent comme « tout à fait exceptionnels » car ils présentent les mêmes caractéristiques et les mêmes critères de qualité que ceux conservés au Musée des Arts de la Mode et au Palais Galliera à Paris, au Metropolitan Museum de New York et au Victoria and Albert Museum de Londres.

Cette vente aux enchères est donc un véritable événement : elle rassemble les prototypes de souliers et les éléments du décor provenant de la rétrospective « Les souliers de Roger Vivier » organisée en 1987 au Pavillon de Marsan (Palais du Louvre). A l’exception, bien sûr, de ceux qui ont été donnés par Roger Vivier lui-même à l’Etat Français, la même année.

Le Metropolitan de New York possède un ensemble féérique de prototypes que Valérian Stux Rybar a magnifiquement inclus dans des blocs de résine transparente sur les conseils d’Arman et d’Iris Clert. Grâce à ces « briques », on peut construire, selon sa fantaisie, des cloisons de cristal où la lumière du jour joue avec les minutieux chefs-d’oeuvre d’élégance.

Les prototypes mis au point par Roger Vivier dans son atelier « Haute Couture » étaient présentés en exclusivité à quelques clientes. Certains de ces modèles n’ont été édités qu’à un seul exemplaire. La cliente pouvait demander des strass et des cabochons amovibles afin que son joaillier leur substitue de vrais diamants. La dame devait alors garder ses escarpins au coffre… Comme ses souliers et ses boucles d’oreilles.

Le sculpteur César considérait les prototypes de Roger Vivier comme « des oeuvres d’art à part entière, à voir sous tous les angles » et il s’amusait à en faire surgir des expansions de polyuréthane, en détournant encore l’objet de sa fonction initiale (voir archives Durand Ruel).

Comme Maurice Rheims, James de Coquet ou Cecil Beaton, Philippe de Rothschild les posait sur les étagères de sa bibliothèque. A Paris dans les années cinquante, un collectionneur célèbre commandait toujours une chaussure seule, identique à la paire que sa femme avait choisi pour se chausser. Et le délicat escarpin prenait place parmi les objets les plus précieux de son cabinet de curiosités.

A New York en 1943, Fernand Léger, proche ami de Roger Vivier, montrait les prototypes à ses visiteurs ; il analysait devant eux l’équilibre des volumes, en faisant abstraction du décor. Il en vint même à suggérer d’agrandir les éléments d’infrastructures du soulier, de transformer par exemple un talon en proue de navire pour rendre visible la pureté de ses lignes. Ce projet fut réalisé bien plus tard et prit place, en 1987, dans la rétrospective du Musée des Arts de la Mode.

De 1987 à 1998, ces sculptures monumentales en bois ont été exposées dans le monde entier pour servir de contrepoint aux modèles de Roger Vivier. Les croquis, les photographies et les papiers découpés complétaient l’écrin de ces rétrospectives.

L’ensemble proposé aujourd’hui est l’occasion unique de retrouver la quintessence même de la créativité de Roger Vivier. Provenant de la même collection, quelques souliers, seuls ou par pairs, étaient destinés aux photos des magazines professionnels. Ils ont été portés et parfois abimés. Ils ne méritent pas la « qualité musée » des autres lots mais seront inclus malgré tout dans la vacation. En effet, en plus de leur intérêt documentaire, ils constituent d’émouvants témoins de l’élégance du siècle dernier.

D’après un texte de Gérard Benoit Vivier (Source : Aguttes)

Informations pratiques

Vente aux enchères Collection Roger Vivier le mercredi 30 novembre 2011 à 14h
Hôtel des Ventes de Neuilly
164 bis av Charles de Gaulle - 92200 Neuilly s/ Seine
Tel 00.33.1.47.45.55.55 - Fax 00.33.1.47.45.54.31

Expositions publiques
le samedi 26 novembre de 11h à 18h
le lundi 28 novembre de 11h à 18h
le mardi 29 novembre de 11h à 18h

Jean philippe Tarot | publié le Jeudi 13 Octobre 2011 | Lu 1629 fois


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